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Sourire
Agnès Winter
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New York   2007
Depuis une dizaine d’années, Agnès Winter réalise des projets pluridisciplinaires en faveur de l’identité culturelle européenne, de la Joie de Vivre et de la Paix dans le monde. Son travail artistique s’intéresse plus particulièrement à l’expression des spiritualités dans le monde.
www.agneswinterprojects.com
« Le Monument au Sourire » d’Agnès Winter
Propos recueillis par Alexia Guggémos, conservatrice du Musée du Sourire

1. Qu'est-ce qui vous a donné envie de photographier des sourires ?

Agnès Winter : C’est une anecdote personnelle qui a été à la source de ce projet. Il y a quelques années, j’ai eu un problème dentaire et je craignais de ne plus jamais pouvoir sourire. Pendant cette période, j’ai commencé à prendre des photographies de sourires dans la rue, ou plus exactement j’ai demandé aux passants de sourire pour moi. Il existe toutes sortes d’attitudes et de réponses lorsque je pose cette question en fonction des villes et des pays. Ce qui compte, c’est la spontanéité du sourire. Certains sont méfiants et refusent catégoriquement, d’autres sont très enthousiastes. Des souvenirs ? J’en ai beaucoup. Souvenirs de personnes qui vous racontent leurs origines, leurs histoires, leurs vies, d’autres qui vous invitent à boire un verre… d’autres encore qui veulent vous aider.


2. Qu'est-ce que le Monument au sourire ? Souhaitez-vous en faire un projet universel ?

A.W. : Le Monument au Sourire est un projet d’art public. C’est avant tout une aventure artistique à laquelle participent des personnes qui ne vont pas forcément au musée. A New York, j’ai pris environ 900 photos dans tous les quartiers de la ville et tous les modèles ont été invités le soir de l’inauguration, ce qui a donné lieu à des moments très émouvants. Je me suis toujours interrogée sur l’acte de sourire. Il m’est toujours apparu étonnant que le tableau le plus regardé au monde soit celui de Leonard de Vinci, le sourire de la Joconde. Cette expression d’une sérénité heureuse semble perdurer à travers les siècles et les civilisations comme une aspiration profonde de l’humanité. Aujourd’hui, dans un monde où la violence est de plus en plus forte, offrir un sourire me semble un geste provocateur. Pour autant, si le sourire tend à l’universel, ce projet ne l’est pas. Je m’intéresse au contact avec les êtres humains, ce qui demande du temps et une grande disponibilité. Il existe quelques endroits au monde où je souhaite réaliser un projet avec le sourire de leurs habitants. Ces endroits sont des villes ou des pays avec lesquels, j’ai eu, ou continue d’avoir un lien affectif fort, avec qui je partage une sorte d’histoire commune.


3. L’initiative "Faisons sourire la France" est un vrai challenge. Faut-il être fou ou particulièrement optimiste pour vouloir faire sourire la France ?

A.W. : Particulièrement optimiste … Plus sérieusement, “Faisons sourire la France” est un vrai défi, mais pourquoi ne pas imaginer un projet artistique construit par plusieurs centaines d’individus ayant envie de participer à cette initiative ?  Une grande fête du Sourire et des Droits de l’Homme en décembre est mon objectif. Il existe en France un grand nombre de personnes qui ont envie de sourire, de le dire et de voir sourire ce pays davantage.
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